Coaching ?

"Nouvelle forme de contrôle social, le coaching nous apprend à intérioriser les impératifs de performance et de compétitivité ; il nous exhorte à augmenter notre rentabilité comportementale. Dans ce miroir grossissant de la crise du lien social, nous ne serions rien de plus que des micro-entreprises à gérer, des stocks d'énergie humaine à exploiter... ". La 4ème de couverture de ce livre1 donne le ton... Bien qu'excessive, je partage cette analyse. Le risque est en effet réel de faire du coaching un nouvel instrument au service de l'asservissement de l'homme à des fins utilitaristes au nom d'un prétendu progrès.

 

C'est la raison pour laquelle j'ai toujours été réticent à l'égard du coaching...

 

Jusqu'au jour où j'ai découvert l'Ethique de Spinoza, puis l'Eloge du conflit de Benasayag, puis la Psychologie de la motivation de Paul Diel et enfin la Maïeusthésie de Thierry Tournebise . J'ai compris alors que l'humanité avait pour moteur le "désir de persévérer dans son être" selon la formule consacrée de Spinoza et que ce désir allait bien au-delà de l'instinct de conservation ; qu'il était un désir d'évolution, une pulsion vitale d'accomplissement. Mais que ce désir pouvait être aussi source de souffrances et de comportements inadéquats, pour soi et pour les autres, s'il était mal accueilli ou mal compris.

 

J'ai compris alors que le coaching pouvait être un instrument de libération, d'émancipation à l'égard de ces comportements inadéquats, et qui font que l'homme "est souvent contraint, voyant le meilleur, de faire le pire"! (L'Ethique, Préface de la partie IV).

 

Mieux, j'ai compris qu'il pouvait contribuer à transformer les organisations pour les rendre à la fois plus vivables, plus désirables et plus performantes. En un mot, plus vivantes!

 

Mais est-ce encore du coaching?

  • 1. L'empire des coachs - Roland Gori et Pierre Le Coz