Burn-out, qui soigner ?

Le burn-out, c'est aussi le symptôme d'une maladie de l'entreprise, dont les victimes sont les "signaux" avant-coureurs. De quelle maladie s'agit-il? Ce billet, en forçant le trait, essaie d'en faire le diagnostic.

Nous brûlons tous d'un feu intérieur. Ce feu là nous est essentiel. Il est signe de notre enthousiasme, de notre vitalité, de nos envies. Il est tout simplement manifestation de notre désir, ce désir consubstantiel à la vie. Il est ce qui nous pousse à exprimer notre être en dépit des limites, à manifester notre singularité, notre fantaisie. Il est... nos yeux qui brillent.

 

Et puis il y a des entreprises où règnent le contrôle, les horaires pointés, les rapports d'activité,... Un univers où la norme est vantée, où le comportement exemplaire est récompensé, où le discours "corporate" est encouragé, où les performances sont évaluées. Univers froid, objectif, rationaliste à l'extrême,... et sacrificiel. Car l'individu "déviant" ou "non performant" est immanquablement écarté.

 

Immersion de la personne - fragile et grosse de subjectivité, d'émotions, de désirs - dans l'univers de l'entreprise - matérialiste, disciplinaire et panoptique. Ainsi confiné, le feu couve. Et ce feu est d'autant plus contenu que la personne est dévouée. Pour elle, nul échappatoire. Quand les autres compensent par le rapport de force, l'absentéisme, le sabotage ou le je-m'en-foutisme, elle, continue de travailler. Impossible aussi de s'épancher sauf à dire son impuissance, ses limites, ses faiblesses. Alors, à force de contradictions non résolues, de désirs refoulés, de renoncements consentis, de mal-être réprimé, la personne se consume intérieurement, jusqu'au jour où elle finit littéralement "cramée". Le diagnostic est sans équivoque : BURN-OUT.1

 

"La vie est un combat", "la vie est une salope". Il n'est pas rare d'entendre ces phrases viriles dans les milieux professionnels. Vocabulaire masculin et dégradant pour évoquer la vie, cruelle parfois mais surtout belle, généreuse et fragile.

C'est que le milieu des affaires est souvent rude. Pas de pitié dans ce monde-là. C'est "marche ou crève", "soit tu bouffes l'autre, soit tu te fais bouffer". Logique binaire. Darwinienne. On travaille pour subsister. Gloire à ceux qui s'adaptent, mort sociale aux autres. C'est le règne du "travail alimentaire". Aucune rébellion en vue, ou alors sous sa forme désabusée : le cynisme..., partout. Aveu d'impuissance.

 

Mais le burn-out, c'est aussi un signal, un symptôme. Entendu, il fonde le renouveau. L'entreprise lucide se dit que quelque chose "cloche" en son royaume. Qu'il est peut-être temps d'initier une métamorphose...

  • 1. Global burn-out - P.Chabot
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